Des opérations passent au front, l'autonomie grandit
Le client bénéficie d'une prise en charge plus directe, avec moins de transferts pour les opérations courantes.
Comment faire des managers les acteurs clés d'une transformation sereine et réussie ?
La transformation fait évoluer ce que les managers ont à piloter au quotidien. Trois dynamiques de la fresque les concernent directement.
Le client bénéficie d'une prise en charge plus directe, avec moins de transferts pour les opérations courantes.
Trois modèles de relation coexistent, avec des niveaux d'accompagnement du client différents.
Les outils et les modes de prise en charge des demandes évoluent en continu.
À noter — le chantier 4 est concerné de façon transverse par toutes les dynamiques : chaque transformation portée par la fresque doit être accompagnée par le management.
| La dynamique de la fresque | Ce que cela fait vivre aux managers | Les questions à travailler ensemble |
|---|---|---|
| Transfert d'opérations et autonomie accrue | Les managers accompagnent des équipes dont le métier s'élargit et l'autonomie s'accroît ; leur rôle se déplace du pilotage de tâches vers l'animation d'un collectif. |
Comment outiller les managers pour accompagner des équipes plus autonomes ? Comment faire évoluer la posture managériale ? |
| La relation client se différencie | Les managers pilotent des équipes aux modèles de relation distincts ; les repères de pilotage se diversifient. |
Comment soutenir les managers dans le pilotage de modèles d'activité différenciés ? |
| La prise en charge se modernise | Les outils et les modes de pilotage changent ; les managers conduisent un changement continu. |
Comment accompagner les managers dans la conduite d'un changement continu ? Comment reconnaître cet effort d'accompagnement ? |
Le chantier 4 est relié aux autres par plusieurs fils communs.
La fresque ne porte pas tous les enjeux qui structurent ce chantier. Quatre sujets sont propres à la DOSB et méritent d'être travaillés également.
Le manager devient animateur d'équipes plus autonomes, acteur de la production autant que garant des résultats. Cette évolution suppose un cadre de jeu d'autonomie clairement explicité : sur quoi le manager décide, ce qui se discute, ce qui relève d'un niveau supérieur.
Au-delà du pilotage opérationnel, le manager est attendu comme développeur de ses équipes — repérer les potentiels, accompagner les montées en compétence, ouvrir des parcours. C'est une posture qui demande du temps, des repères et des outils dédiés.
Pour rendre la fonction attractive dans la durée, sa valorisation s'apprécie sous ses différentes dimensions, matérielles et symboliques. Cela touche la rémunération, mais aussi l'animation, la reconnaissance des contributions et les parcours offerts au sein de la fonction.
La charge mentale portée par les managers a un double effet : elle freine l'exercice quotidien de la fonction, et elle limite la montée en compétence managériale — faute de temps pour se former, prendre du recul et faire évoluer ses pratiques.
Le programme 1 000 Managers, créé en 2017, est conçu par et pour les managers. Il structure le cadre managérial autour de trois repères — Confiance, Cohérence, Engagement collectif — et se décline en chantiers thématiques (formation, accompagnement, posture, qualité de vie des managers, équipe autonome). Son chantier 13, AutonomUp, propose un parcours en quatre niveaux d'autonomie progressifs (structurée → émergente → solidaire → autonome et performante), avec une labellisation par jury composite et des pré-requis explicites : équipe volontaire, rituels managériaux installés, manager qui accompagne. AutonomUp s'inscrit dans le chantier 12 du plan stratégique « 12+1 » de la Banque (mars 2024). Le référentiel des compétences 2026 outille la ligne managériale avec des compétences communes à tous les niveaux d'encadrement.
Accord QVCT (La Poste SA) — volet managérial, avec la formation QVCT des managers et l'accompagnement des primo-managers. Accord GEPP et mixité des métiers — cadre des compétences, y compris managériales, et des parcours. Accord social 2022-2025 « Réussir Ensemble » (DREC et DP) — accord prédécesseur ; le management y a été peu développé, ce que le chantier 4 vise à renforcer.
des managers se sentent soutenus dans leur rôle — 9 points sous le benchmark interne
se sentent impliqués dans les évolutions conduites au sein de leur branche
estiment avoir des marges de manœuvre suffisantes pour réaliser leur travail
Source : Baromètre d'engagement La Poste 2025 (périmètre DEX et DCF). La synthèse documentaire DOSB et la synthèse dédiée à l'accord AMB3 sont consultables pour approfondir.
Pilier : Outiller les managers de la transformation. Le chantier 4 porte à lui seul ce pilier.
Les managers sont la courroie de la transformation — ni simples relais, ni amortisseurs, mais des acteurs à outiller. Une transformation réussie suppose un management soutenu, reconnu et équipé pour accompagner ses équipes.
Selon les conditions dans lesquelles elle est menée, une même transformation peut entraîner deux dynamiques opposées.
Ces deux vignettes sont fictives et volontairement contrastées. Elles ne décrivent pas une situation en cours, ne révèlent rien de ce qui est prévu, et ne disent pas ce qu'il faudrait faire. Leur seul but : rendre lisible un éclairage du chantier qui ne saute pas aux yeux, et nourrir la réflexion. Les arbitrages restent à construire ensemble pendant le hackathon.
Mardi matin, brief d'équipe. La manager annonce une nouvelle marge d'autorisation pour son équipe : sur les contestations de frais inférieurs à un certain seuil, plus besoin d'escalader, la conseillère décide. La manager a posé un cadre explicite — elle tient ce qu'elle peut décider, elle l'étend à son équipe. À l'appel suivant, le sujet client est tranché avant que la ligne raccroche.
Mardi matin, brief d'équipe. La manager rappelle qu'on attend de l'équipe qu'elle soit « actrice ». Pour autant, quand une conseillère voudrait proposer un geste commercial sur des frais, la décision dépasse les marges de la manager. Quand une autre demande un aménagement de pause, idem. Sur les sujets clients, les marges ne sont pas explicites ; sur les détails du quotidien, le contrôle est rapproché. Pour que « être acteur » ne soit pas qu'un mot, le cadre opérationnel reste à construire.
L'autonomie devient réelle quand son périmètre est connu — et qu'elle porte sur les sujets qui comptent. Le hackathon peut contribuer à expliciter ce cadre pour la chaîne managériale comme pour les équipes.